De la supériorité de la littérature américaine contemporaine

Il faudrait des pages et des pages pour décrire le désastre de la littérature contemporaine française, ce que fait très bien Stalker. Les raisons sont diverses, et c’est vrai que la comparaison avec ce qui se fait de l’autre côté de l’Atlantique, laisse songeur sur le spectacle affligeant qu’offrent, ce qu’on aime à considérer comme un trésor national, nos gransécrivains et notre littérature. Il ne s’agit pas dans ce très court article de développer chaque point suivant mais simplement d’en énoncer quelques-uns de but en blanc et sans hiérarchie:

  • La géographie du pays, le gigantisme des paysages invite à la contemplation et donne du souffle, de l’élan, ce qu’on ressent lors des lectures de Jim Harrison.
  • Un marché parfaitement segmenté,  le capitalisme américain appliqué au marché de la littérature. Des écrivains spécialisés dans le marché du mioche, d’autres qui font des whodunnit, des livres épiques, des trucs de gonzesse par des bonnes femmes, de la SF et chaque écrivain dans son segment est un professionnel et n’a pas le fantasme de se prendre pour le grantécrivain.
  • Une profession comme une autre. Dans les universités américaines et ailleurs, les cours de creative writing pullulent. De la même manière qu’un peintre apprend des techniques pour composer une nature morte, les apprentis-écrivains apprennent à entretenir le suspense, à planter des personnages…Ce sont des professionnels.
  • Le recours systématique à l’agent qui va s’occuper des droits…pendant que l’écrivain écrit.
  • Le Fact-checking. James Ellroy racontait que lors de la conception de sa trilogie, il avait employé à temps plein deux archivistes pour le fournir en informations sur l’époque. Jonathan Littell disait qu’il ne comprenait pas que cette technique – emplir un livre de faits historiques et/ou divers tirés de journaux par exemple – ne soit pas plus utilisée en France. D’ailleurs le succès de Les Bienveillantes repose largement sur le factchecking, toute la description des organigrammes du régime nazi, les lieux, les dates….
  • Pas de centre incestueux, même si les maisons d’édition se trouvent à NY, comme l’a bien montré la désopilante série Dream On, les écrivains vivent leur vie dans leur bled, leur ville…vivent la vie de M. Tout le Monde,  celle de leurs lecteurs, alors que les écrivains en France vivent quasiment tous à Paris, fréquentent les mêmes lieux, échangent les mêmes plates idées…ce qui donne une endogamie qui conduit naturellement à la débilité mentale. Pas étonnant que les deux écrivains un peu à part en France, Houellbecq et Dantec vivent respectivement En Irlande et à Montréal…Il est d’ailleurs assez amusant de lire à quel point la vie d’un écrivain américain est banale – lorsqu’il se met en scène – dans le sens qu’elle ne se distingue pas de celle de son voisin, alors que celle de nos écrivains nationaux est fantastique, entre people, à sortir avec des rappeurs….
  • La capacité à s’emparer d’un sujet relativement récent sans attendre des décennies…profiter de l’intérêt du lecteur. Le 11 septembre par exemple a été traité par de nombreux auteurs.

D’ailleurs, pendant un moment, j’avais la ligne de lecture suivante, je lisais tous les livres dont le titre contenait le mot American, avec assez de bonheur d’ailleurs: American Tabloid, American Death Trip, American Psycho, Pastorale américaine, American Darling, American Rapshody…

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26 commentaires pour De la supériorité de la littérature américaine contemporaine

  1. Broke dit :

    Pitié, vous n’allez pas nous la jouer « creative writing », comme si cette rhétorique au rabais, oublieuse de ses origines et de ses modèles, avait quelque chose à voir dans l’émergence de grands écrivains outre-Atlantique. Cet enseignement produit en revanche des ravages dans l’apparition d’une sorte de néo-anglais (c’est un traducteur qui vous parle) où s’entrechoquent des métaphores enfantines (genre de littérature surtout pratiquée par des femmes).

  2. Didier Goux dit :

    Le problème est que le roman de Littell s’écroule précisément parce qu’il est étouffé sous une documentation que l’auteur a été incapable de maîtriser.

  3. Didier Goux dit :

    Quant à American psycho, je trouve cela totalement artificiel et d’un ennui plus que profond : insondable.

  4. cherea dit :

    @broke
    Cela a au moins l’avantage d’avoir un produit relativement correct…pas forcément du génie mais au moins un socle minimum avec une histoire, un début, un milieu, une fin, des personnages un peu incarnés…disons au moins que cela permet à chacun de s’emparer d’une technique…après les bons resteront bons et seront meilleurs qu’avant, les mauvais seront moins mauvais…

    @DG
    C’est les goux et les couleurs. Je trouve que ce sont les détails, les descriptions de l’organigramme qui font la force du livre, et aussi le dialogue entre le commissaire du peuple et Max Aue. Ce qui en fait la faiblesse, c’est l’assommante partie appelée Aria où il se retrouve seul dans une vieille baraque et l’histoire pseudo-sentimentale avec la soeur jumelle.

  5. Restif dit :

    Mais Cherea tout, le dialogue avec le commissaire a été VOLE à Vassili Grossman dans Vie et destins ! Comment supporter un pompeur ?

    Pour le créative wrinting, il n’y pas que des ratages. Je crois que presque toute l’école du Montana provient d’un prof parait-il génial. (« Les écrivains qui relèvent de la Montana Connection se sont rencontrés lors des ateliers d’écriture de l’Université du Montana à Missoula, les uns comme enseignants, les autres comme étudiants, » wiki, j’ai voulu vérifier^^)
    Ce que je reprocherai aux américains, c’est qu’ils nous donneront d’excellents bouquins, du travail de pro, voir de superbes faiseurs Par contre, pour qu’émerge un Faulkner, un Melville…ça, aucune école ne vous l’apprendra. J’ai peur que la professionnalisation américaine empêche toute émergence d’authentiques GRANDS écrivains (voir le suicide de John Kennedy o’Toole) .Après tout Ellroy s’est formé tout seul ^^
    Enfin, ce n’est pas à la France moderne de donner des leçons. Pour l’instant, de facto, on est battu à plates coutures.

  6. Restif dit :

    @ didier Goux : moi j’attends avec impatience le dernier (tout dernier alors) BM où Corentin craquera en renverra Patrick Bateman à l’école maternelle des tueurs en série. Ah, le voir éventrer Brichot….

  7. Didier Goux dit :

    Restif : moi aussi, je rêve de ce jour ! Mais, s’il vous plaît, soyez charitable, ne me parlez pas de la BM : j’en ai commencé un nouveau ce matin…

  8. Sven dit :

    Je suis fou de fantasy, des mecs comme Glen cook ou encore David gemmel (bien que Cook soit bien meilleur) utilisant l’histoire pour la réécrire à leur sauce c’est tout bonnement énorme.

    D’ailleurs pour ce qui est de la SF, l’éditeur bragelonne ne « prend pas les manuscrits des auteurs français ».

    Le seul à faire de la sf correct en France c’est Laurent Genefort.

  9. Cherea dit :

    @Sven

    je n’y connais vraiment rien en SF, d’ailleurs il faudrait qu’un aimable lecteur me fasse une rapide liste d’une dizaine de bouquins incontournables du genre., les K. Dick, Lovecraft etc…dont on ne cesse de me rabâcher les oreilles.
    Mais disant que j’avais lu bcp de bouquins avec avec American dans le titre, j’ai lu Neil Gaiman, American Gods, plutôt bon.

    @Restif
    Pas lu Vie et Destin, tout comme Kaputt…oui je sais…mais j’ai eu ma période 2ème guerre mondiale, essais, romans, j’y reviendrai, je me laisse un peu de temps. Je dois dire qu’après La destruction des Juifs d’Europe, on a fait un peu le tour. Mais je dois bien avouer, que Eichmann à Jérusalem fut un choc total pour moi…Miss Arendt qui écrit à l’américaine, la relation des faits, les témoignages…un vrai thriller.

  10. Jazzman dit :

    Lecture des Bienveillantes, roman historique.
    Quand je lis un livre censé se passer en 1940, je m’y vois.
    Si Littell me laissait imaginer tout irait bien, mais il faut absolument qu’il précise des détails idiots et/ou anachroniques, parce qu’il faut bien tirer à la ligne quand on vise les 1400 pages et qu’on veut donner une impression de vécu qu’on n’a pas.
    Au tout début 15 juifs creusent une fosse pour 150 cadavres. Il tombent sur un ancien charnier, rebouchent et recommencent.
    A la 3e ou 4e fois, c’est bon. Cela n’a duré que quelques heures, fusillade comprise. On voit bien que Littell n’a jamais tenu une pelle de sa vie.
    Le petit juif était chargé de nettoyer les pistolets des officiers. En temps de guerre dans un pays ennemi chacun dort avec son arme et la nettoie lui-même, c’est une question de survie. Ou alors ils ne tirent effectivement jamais et il n’y a rien à nettoyer.
    Les soldats prennent des photos et s’échangent des tirages qu’il collectionnent dans des albums. Ben voyons ! On envoie le film à Kodak, et tes tirages reviennent dans les 24 heures. Et chacun a son Leica à coté du masque à gaz.
    A Kiev beaucoup de bâtiments ont été piégés par les russes avec des détonnateurs sans fil. Pas de quoi chier une penthode (le transistor va bientôt être inventé) !
    Et les bouteilles de cocktails Molotov se brisent sous la chaleur, l’essence gélifiée coule dans les escaliers. Bah, les américains ne vont pas tarder à inventer le napalm, et il l’utiliseront 30 ans plus tard, on va pas chipoter.
    Je trouve que ce sont les détails qui font la force du livre, j’en ris encore…

  11. Rosco dit :

    @jazzman : bien joué, je me suis bien marré. Baser un bouquin de fictions sur des « détails véridiques » et des heures de recherche, ça s’appelle de l’esbroufe. Y’a probablement pas une ligne de vraie dans l’Illiade ou l’Odyssée, soit dit en passant.

  12. Rosco dit :

    @Cherea :
    Substance Mort, Philip K. Dick
    Ubik, Philip K. Dick
    La couleur tombée du ciel, H.P. Lovecraft
    Hypérion, Dan Simmons
    Destination Vide, Frank Herbert
    Roma Aeterna, Robert Silverberg

    Soit dit en passant, le fait qu’on puisse lire un récit historique comme un thriller devrait suffire à le rendre hautement suspect.

  13. Rosco dit :

    Ceci étant, il est clair que la littérature américaine des ces 30 dernières années est nettement supérieure à ce qui se fait en Europe en général et en France en particulier. Russel Banks et Don Delillo, c’est autre chose que Marc Lévy et consorts.

  14. VV dit :

    Jazzman > « Bah, les américains ne vont pas tarder à inventer le napalm, et il l’utiliseront 30 ans plus tard, on va pas chipoter. »

    Le napalm est utilisé vers la fin de la seconde guerre mondiale et le sera intensément par les Français lors de la guerre d’Indochine.

    Tous > Littell avait justement été étrillé pour ses approximations factuelles.

  15. Gabriel dit :

    @Cherea

    La trilogie divine, de K. Dick, enorme.

  16. cherea dit :

    @Jazzman
    Et Max Aue n’a jamais existé…et la description que Littell fait d’Eichmann ne correspond pas à celle que fait Hannah Arendt…La belle affaire…mettons que les détails ne soient pas tous vrais ou véridiques, l’important c’est qu’ils en aient l’apparence du véridique, qu’ils soient probables, plausibles…vous n’avez pas marché dans le truc…moi j’ai couru… question d’expérience, je n’ai jamais fait la guerre et possède un appareil photo numérique…

    @Rosco
    Merci.
    Marc Lévy ne s’est jamais pris pour un grand écrivain, au mieux un faiseur de produit culturel facile et rapide à consommer, rien à redire à sa démarche. Je visais plutôt des Christine Angot, Adam, Zeller…qui croient chaque matin concurrencer Philip Roth ou Salinger.
    Sur Don delillo, assez récemment je pensais à un thème qu’il aborde souvent et que je voudrais pousser. C’est la psychologie des foules, l’inconscient collectif à l’oeuvre dans ses romans. Les mariages collectifs de Moon dans MaoII, la victoire des NY Yankee lors des world series de 1951, je crois, et pourtant un stade à moitié vide, le jour ou l’urss fait péter sa bombe à hydrogène…ou encore la psychologie des marchés dans cosmopolis…Faudra que je formalise mon idée un jour…

  17. Didier Goux dit :

    Cherea : Lovecraft n’est pas un auteur de science-fiction, mais le plus grand écrivain fantastique avec Poe. Plutôt que La Couleur tombée du ciel (qui est excellent), je conseillerais plutôt Le cauchemar d’Innsmouth ou Les Montagnes hallucinées ou… Tenez : offrez-vous donc le premier tome de ses œuvres complètes en collection Bouquins et lisez tous les textes qui composent le Mythe de Chtulhu : vous aurez la quintessence de Lovecraft.

    Pour la SF, c’est à ne lire que si vous n’avez vraiment rien de mieux à foutre, à mon avis. K Dick, l’alibi intellectuel des amateurs de SF est en effet sans doute le plus intéressant, mais un peu chiant à force d’être déprimant.

    Hyperion est divertissant, à condition de vous dispenser des quatre suites.

    Je conseillerais volontiers d’Isaac Asimov, la trilogie Fondation, mais SURTOUT PAS les volumes quatre et cinq qui sont du tirage à la ligne pour justifier le gros chèque de l’éditeur.

    Et puis, ne pas oublier Demain les chiens de Simak.

    Par contre, vous pouvez, je crois, oublier Frank Herbert (l’auteur de Dune, roman très surfait).

    Enfin, si vous le trouvez et si vous avez envie de rire (ce qui est rare : on se prend très au sérieux dans la SF) : La Dimension des miracles de Robert Sheckley.

    Voilà.

  18. Restif dit :

    Ah, moi aussi j’ai envie de jouer le jeu « conseillons des livres de SF à Cherea »! Mais j’hésite sincèrement pour K.Dick. C’est un peu le Kafka de la SF mâtiné de Borges. Non, c’est idiot ce que je dis. C’est indescriptible. Mais on peut être un lecteur sacrément subtile, inteligent et tout et tout et ne pas entrer dans son univers très paticulier. Je trouve que débuter par Ubik c’est prendre le risque, pour peu que Cherea ne soit pas dickien né, de le dégoûter de l’auteur. A mon sens dans le conseil il faut tenter de jouer le sûr. Si je devais conseiller un Dick, je choisirai plutôt -si Cherea est admirateur de Blade runner qui est l’adaptation du livre- « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » qui de plus à un privé comme personnage principale ou plus dickien mais à mes yeux passionnant et psychologiquement très fin (bon, comme toujours chez Dick mais là!) « En attendant l’année dernière » (alors on pourra envisager SIVA^^) . « Substance Mort » est certes un grand K.Dick, et peut-être effectivement est-il une meilleure entrée que celles que je propose; disons que je crains que les « complets brouillards » et les délires du personnage principale rendre l’œuvre trop purement dickienne au sens très particulier qui s’attache à ce terme. Chez Dick le « délire » est un matériau littéraire superbement utilisé, jamais gratuit (et puis il y a un obstacle important : c’est que la trad’ de Substance est à chier. Traduire littéralement « cold turkey » -le manque- par « la dinde froide » alors que dès Le festin nu de Burrough on traduisait par « le singe qui vous bouffe la tête  » adopté par tous les traducteurs depuis, c’est ridicule. Et ce traducteur qui décrit un personnage qui avale des « rouges », alors qu’il devrait quand même savoir qu’en slang les « reds » sont des barbituriques puissants; et il y a d’autres erreurs du même tonneau) . Je me demande si mon(mes!) Dick préféré (la trilogie divine mise à part qui est mon top gun) n’est pas Simulacre, Dr Bloodmoney ou Le Dieu venu du Centaure (que Dick n’aimait pas trop, disons qu’il en était gêné pour des raisons tenant au personnage de Palmer Eldritch-souvenons-nous du titre américain « the tree faces of Palmer Eldrich », ça soulevait une probléùatique démiurgique qui le gênait « énormément » a-t-il dit).

    Pardon Chérea, mais quand on me lance sur Dick…Revenons à vos désirs de lecture es SF. Moi je n’hésite pas à vous conseiller un bon classique de chez classique, un chef d’oeuvre : Asimov, la trilogie Fondation (la première trilogie, pas la suite écrite 20 ans après, ne serait-ce que parce qu’il faut bien commencer par le commencement). Je ne saurai trop non plus vous recommander « La faune de l’espace » d’Alfred Van Vogt (Houllebecq a montré qu’il était fan de V.V soit dit en passant). Là vraiment, pvous vous régalerez. Dans un genre différent, plus moderne bien que datant de 70 (ou alentours) « Jack Barron et l’éternité » de Norman Spinrad. J’ajoute avec plaisir « Seigneurs de lumière » de Roger Zelazny, certain au moins que vous prendrez votre pied avec vla force narrative du livre. Honnêtement, je pense pouvoir vous assure d’au moins une chose : vous ne vous ennuierez pas. Il y a d’autres classiques, des « musts (sturgeon, le Farmer du Monde du fleuve qu’à mon avis vous adoreriez, mais faut bien s’arrêter zet j’ai déjà du mal).
    Pour Lovecraft, c’est difficile. Je l’ai lu avec un immense plaisir à 12 ans, relu avec jouissance à 18 et encore 25, aujourd’hui …ben j’ai toujours énormément de plaisir mais c’est comme une bible de famille. Comme c’est un nouvelliste (si on met à part les quelques 80 pages de l’Affaire Charles Dexter Ward) on ne peut vous conseiller qu’un recueil (sauf éditions Bouquins intégrale en 3 volumes). Perso, j’apprécie beaucoup celui qui contient Les montagnes hallucinées. « La couleur tombée du ciel est aussi un grand cru mais je l’apprécie moins que mes chouchous. J’avoue en effet un fort faible pour « La maison de la sorcière » et « Les rats dans les murs ». « Celui qui chuchotait dans les ténèbres « aussi. Mais je retombe dans le même défaut que pour Dick.
    Ah, j’aimerai tellement que vous tombiez sur des œuvres qui vous accrochent pour de bon. vous savez qu’Howard, le créateur de Conan (mort suicidé à 30 ans du fait du décès de sa mère, car sa marchait très fort pour lui) a écrit des choses superbes. J’ai presque tout en NEO (nouvelles éditions oswald) et j’ignore si ça a été réédité. Mais son « Roi Kull; son « Brank Mac Morn et son premier Solomon Kane (un puritain plus bigot que Calvin et Cromwel réunis qui passe sa vie à se battre avec des loups Garoux, des morts vivants et autres trotskistes). En tous cas, pour la Sf (Lovecraft étant du fantastique) je crois avoir misé sur du sûr. Je me permets de rajouter une louche en insistant sur Philip José Farmer et son « Monde du fleuve ». 30 milliards d’être humain (dont le vrai Cyrano de Bergerac, Mark Twain Richard Francis Burton l’explorateur, duelliste patenté et traducteur des Milles et une nuit en anglais et bien d’autres personnages savoureux dont des vikings hauts en couleur et une tribu d’hommes de Néanderthal! Tout le monde depuis l’aube des temps!!) se réveillent tous ressuscités dans un monde gigantesque au bord d’un fleuve immense qui fend la planète en deux et va on ne sait où, sans y rien comprendre, sdans que nul ne leur explique quoi que ce soit. Et le plus amusant c’est que dès qu’on en tue un il ressuscite le lendemain! certains vont de mettre en tête d’obtenir des réponses en remontant le fleuve titanesque. Salué comme un chef d’œuvre dès sa sortie, c’est HAUTEMENT jouissif. Si vous accrochez -et le contraire me semble peu probable (euphémisme) Farmer a écrit une suite devant le succès. Mais le 1 passe déjà très bien comme ça.

    @ Didier Goux : Pardon, je ne suis pas le blog « principal » quotidiennement, je préfère laisser passer parfois jusqu’à plusieurs semaines. Si j’avais su, vous pensez bien que je n’aurai pas évoqué…mais chut ! Juste BONNE CHANCE et que ça roule comme sur, euh, et ben des roulettes tiens !

  19. Stalker dit :

    Bonjour, je me permets de mettre en lien un article, paru dans La Revue des deux Mondes, consacré à cinq auteurs nord-américains qui me paraissent essentiels (il y a en à d’autres bien sûr).
    Oui, en effet, certains d’entre eux (ne serait-ce que Pynchon ou Vollmann) sont tout à fait surestimés mais enfin, cela a été écrit, il y a une façon de prendre la littérature pour ce qu’elle est (une exploration du monde dans toutes ses dimensions) qui dépasse de très loin les centres d’intérêt de la production française, en général parfaitement autiste et ridicule lorsqu’elle se veut d’ambition mondiale (je songe au pathétique dernier de Mathias Enard, pourtant salué par une presse plus que dithyrambique)…
    Pour les écrivains de SF, quelques-uns ont été cités ici : manque Samuel Delany, Cordwainer Smith, certains Heinlein, Gene Wolfe (La cinquième tête de Cerbère), Stanislas Lem, entre autres…
    Une remarque : King et Lovecraft (ainsi que Borges et quelques autres) vouaient un véritable culte à Arthur Machen, dont les nouvelles sont tout simplement remarquables…

  20. Restif dit :

    Très heureux de vous voir ici cher Juan.
    Ah Machen..Le Grand Dieu Pan (roman traduit par Paul Jean Toulet), « Le cachet noir », « Le peuple blanc » (recueils de nouvelles dont les deux donnant leur titre aux recueils) – Machen :l’une des grandes influences de Lovecraft effectivement (mais sans doute moins que Hodgson). Machen fit partie de la Golden Dawn avec Yeats et Stoker (entre autres, car les noms connus foisonnent).

    Je suis heureux que vous évoquiez Gene Wolfe Juan. « La cinquième tête de Cerbère » est généralement regardé comme son chef d’œuvre mais sa tétralogie de »L’ombre du bourreau » est très loin d’être inintéressante. Quant à Cordwainer Smith, c’est tout bonnement un pur chef d’œuvre. Vous avez raison pour Heinlein, « En terre étrangère » bien sûr mais aussi « Révolte sur la lune » (The moon is a harsh mistress) et son Histoire du futur, que j’aime moins malgré une nouvelle superbe, « Les vertes collines de la terre ».
    Je me permets de rajouter « Un cantique pour Leibowitz » de Walter Miller.

    Dans un genre étrange, du baroque fantastique, de la théologie-fiction mais très, très loin d’être ennuyeuse, je ne résiste pas au plaisir de conseiller « Le chien de guerre  » de Michaël « Elric » Moorcock. Un livre unique. Mais Moorcock est un sujet sur lequel il vaut mieux que j’abrège! Corum, La tétralogie de Dorian Hawkmoon, Elric le nécromancien que Druillet illustra sublimement chez Opta, au CLA pour ceux qui connaissent, Elric écrit à 16 ans! et tout s’y trouve déjà. (Moebius adora le livre). Il y a aussi son cycle pur Sf des « Danseurs de la fin des temps », charmant et …prenant. Mais Le chien de guerre est particulier, et nul besoin de connaître Moorcock pour s’en régaler. Le sujet est…allez-y -voir!

    Mes excuses Cherea, vraiment… mais devant les titres nommés par le Stalker et ce qu’ils réveillent en moi, j’ai cassé ma chaîne…Je maintiens (justement^^) « Le chien de guerre ». Cordwainer Smith est sublime, mais c’est trois volumes hein, des nouvelles pas vraiment reliées entre elles, car cette œuvre unique,-c’est la seule de l’auteur-, est inachevée.Ce qui ne nuit absolument en rien à la lecture étant donné la forme choisie. A lire mais peut-être après avoir entamé le parcours du territoire SF. Dont la nouvelle est peut être l’art suprême. Lisez « Une étoile m’a dit » de Frédéric Brown, je suis certain que vous a-do-re-rez. Surtout la dernière « tu seras fou ». Les nouvelles de Dick (on trouve l’intégrale en présence du futur) sont peut- être la meilleur manière de prendre contact avec l’auteur. Si vous aimez la nouvelle… Bon j’espère que vous n’êtes pas noyé.

  21. Ariane dit :

    Cherea, pour commencer dans la SF, il faut juste lire Fondation d’Asimov, c’est bien, et puis ça occupe! K Dick je ne suis pas fan ou alors le bouquin qui a donné Blade Runner.

  22. Cherea dit :

    J’ai noté pas mal de références, vous remercie et vous tiendrai au courant de mes prochains achats et lectures.

  23. Sven dit :

    Je conseil la saga de la « compagnie noire » de Glen Cook. Un pure chef d’œuvre en terme de dark fantasy

  24. Molly hatchett dit :

    Il y a un longtemps que je n’ai pas acheté de roman Français.
    Nos écrivains ont un côté prétentieux et nombriliste.
    Pendant ce temps je me régale avec Lehane, Ellory (je sais il est anglais mais il parle tellement bien de l’Amérique), Elroy, Faulkner …

  25. John Saizou dit :

    C’est pourtant un sacré chef d’oeuvre « Béru et ces dames » Without traduction s’il vous plait ! Je voulais juste ramener le débat sur nos côtes .

  26. EdgarMind dit :

    @cherea

    Je me permettrais de rajouter « la forêt d’Icambe » de Christian Charrière, qui est un très bon livre de SF français, paru en 1980 et assez ignoré. A tord me semble-t-il. La langue est magnifique, le scénario original et plein d’humour. Il fait parti des livres que l’on redécouvre, avec plaisir, quelques décennies plus tard … Selon moi il soutient la comparaison avec n’importe quel livre fantastique anglo-saxon. Pour le coup, il est méconnu et plus talentueux que JK Toole (qui un peu lourd, non ?, seul le titre m’a vraiment emballé en fait …)

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